20.12.2007

Le « plan d'urgence 2009 » du RER D : véritable espoir ou poudre aux yeux ?

Pendant les 6 années durant lesquelles j'ai travaillé dans l'Essonne tout en habitant à Paris, je n'avais pas mesuré la gravité des dysfonctionnements de la ligne D du RER : les trains en direction de la banlieue, le matin, étaient d'une grande régularité, et ceux, le soir, en direction de Paris étaient un peu plus chaotiques mais rien de complètement catastrophique.


Maintenant que je fais le chemin inverse : de Montgeron vers Paris, et même au delà, le matin, et de retour le soir, j'ai pu prendre la mesure de la justesse, et même du caractère très modéré des protestations des usagers : Il ne se passe pas deux jours sans qu'un incident sérieux, entraînant un retard important et une perturbation sérieuse du trafic ne se produise.


De surcroît, la capacité intrinsèquement insuffisante des rames, ajoutée au retards ou suppressions de trains conduisent à ce que les wagons soient à ce point bondés qu'il ne soit pas possible d'y monter, ou bien quand bien y pourrait-on accéder, que l'entassement soit tel que bon nombre de personnes se trouvent mal et cherchent à s'en extraire.


Pour employer le langage des juristes, on n'est pas loin de toucher là aux « traitement inhumains et dégradants », prohibés par la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.


Mais, je me doute bien qu'en écrivant ceci, je n'apprend rien à personne. Quiconque fréquente ce même transport en commun sait de quoi je parle et ressens chaque matin et chaque soir, non pas le poids bien léger de mes mots, mais la pénibilité très concrète de cette situation.



Face à cela, la réponse des pouvoirs publics, par la voix du célèbre STIF, ont proposé une réponse constituée par un plan en deux temps :


  • un « plan d'urgence pour 2008 » (en réalité 2009 car il a vocation à démarrer en décembre 2008, les directions de la communication de ces institutions devraient cesser de nous prendre pour des idiots...), qui devrait améliorer la régularité de la ligne de 5 points.

  • Un plan d'investissement qui devrait encore améliorer les choses en... 2012.



Faut-il se satisfaire de ces deux annonces ?


Il est vrai qu'en matière ferroviaire, l'amélioration de situations difficiles peut prendre du temps : la réalisation de travaux qui ne nuisent pas au trafic, l'achat de nouveaux matériels, tout cela ne peut pas se faire du jour au lendemain.


Mais, s'agissant du plan dit d'urgence, on est amené à avoir de sérieux doutes.


Pour cela, il faut se référer au statistiques de régularité, telles qu'elles figurent sur le site internet du STIF, et dont chacun sait qu'elles sont très optimistes, mais laissons cela de côté.


Ces statistiques font apparaître les informations suivantes:


  • En 2005, le taux d'irrégularité des trains à été sur la ligne D du RER de 13,7 %

  • En 2006, il a été de 15 %


En 2007, si l'on fait la moyenne des 31 premières semaines de l'année (disponibles sur le site du stif), le taux est de 15.7 %. ET encore faut-il souligner que ce chiffre surpondère les semaines de vacances de juillet et août qui sont remarquablement bas (moins de 9 % en moyenne), et naturellement ne prend pas en compte les grèves.


Autrement dit, ce taux se dirige tout droit vers une nouvelle augmentation, et il ne faut pas être grand clerc pour comprendre qu'il se situera sans doute autour de 16 %


Cela signifie qu'en deux ans, la dégradation aura encore été de plus de 2.5 points (soit 15 % d'aggravation).


Or, si l'on en croit les annonces du STIF lui-même, comme je l'ai dit plus haut, l'amélioration du taux de régularité prévu par le « plan 2008 », pour le début de l'année 2009, est de 5%. Si l'on se cale sur les données actuelles, cela signifie donc un taux d'irrégularité de 11 %.


Sur le autres réseaux RER les donnée sont les suivantes


RER A : 7 %

RER B : 11 % (année exceptionnelle, les année antérieures sont à 8 %)

RER C : 8 %

RER E : 6 %


De cela il ressort quatre observations:


1°) On constate une poursuite de la dégradation constante du service de la ligne D entre 2005 et 2007 dépassant aujourd'hui les 16 %;


2°) L'annonce du STIF promet une amélioration de 5 % en 2009, or, ce taux prévisionnel est sans doute très optimiste (car on n'a jamais vu ni le STIFni la SNCF annoncé des prévisions inférieures aux réalisations, en revanche le contraire est fréquent !).


3°) Cette amélioration laissera la ligne D dans une situation très inférieure à celle de tous les autres réseaux RER ;


4°) Cela signifie en clair que le plan d'urgence annoncé n'est rien d'autre qu'une simple rustine. Il aura tout au plus pour effet de retarder l'aggravation tendancielle de la situation mais avant 2012, il ne faut en attendre aucune véritable amélioration.


Alors, chers concitoyens, de Montgeron, mais aussi de Yerres, Brunoy, Quincy... jusqu'à Melun. Ne vous laissez pas payer de mots. Il faut impérativement que la mobilisation des usagers, comme celle des élus, se poursuive, pour qu'il ne faille pas encore pendant cinq ans subir ces trains bondés et en retard (et il faut souligner à cet égard le remarquable travail de l'association SADUR. Car pour l'instant, le plan que l'on vous annonce pour 2009, oui, c'est sur, n'est que de la poudre aux yeux.



11.12.2007

Le département de l’Essonne est-il entrain de vivre ses derniers jours ?

C’est une question que l’on peut se poser, à la lecture de deux évènements récents qui tous deux, créent un climat fort défavorable à l’institution du département comme échelon d’administration et du conseil général comme structure politique essentielle.

En fin de semaine dernière, le sénateur Alain Lambert déposait un rapport devant le Premier Ministre sur « les relations entre l’Etat et les collectivités locales ».

Mais en réalité, ce rapport concernait surtout les rapports des collectivités locales entre elles. Tous les analystes ont souligné qu’il visait à faire du département une collectivité locale centrée sur les questions sociales, tout le reste revenant soit aux régions, soit aux intercommunalités « renforcées qualitativement ».

Aujourd’hui, Le Monde publiait une information sur un futur projet de loi de réforme des services de l’Etat. Parmi les propositions, celle de faire la Région l’échelon essentiel de l’administration de l’Etat, le Préfet de Région devenant un supérieur hiérarchique du Préfet du Département.

Il est évident que la conjonction de ces deux séries de propositions (si elles sont mises en œuvre, naturellement), conduira à une remise en cause profonde de l’institution départementale : La Région et le Préfet de région exerceront un leadership important sur l’administration territoriale, et il est évident que ce leadership s’exercera au détriment de l’institution départementale.

Faut-il s’en réjouir ou le déplorer ?

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10.12.2007

L'eau de plus en plus chère dans la Communauté d'agglomération Sénart Val de Seine


Les collectivités publiques qui gèrent les services publics de l'eau potable sont tenues de produire chaque année un « rapport annuel sur le prix et la qualité de l'eau ».


la Communauté d'agglomération Sénart Val de Seine, qui gère cette compétence pour les communes de Vigneux Draveil et Montgeron vient de publier discrètement celui pour l'année 2006en page 5 de son Magazine « 3 comm'une », sans aucune mention sur la couverture, et sans reprise sur son site internet (sauf dans le PDF du même magazine...).


Et à la vérité, on comprend pourquoi.


Outre quelques satisfecits sur la qualité de l'eau, force est de constater qu'il y a un tableau qui est présenté d'une manière habile et sans aucun commentaire, c'est celui du prix de l'eau.


En 2003 ; 3.42 € m3

en 2004 : 3.49 € m3

en 2005 : 3.61 € m3

en 2006 : 3.86 € m3


Aucune indication sur 2007 n'est donnée.


Ainsi, de 2005 à 2006, le prix de l'eau a augmenté de presque 7 %, ce qui est tout à fait considérable.


Mais surtout, le prix 2006 atteint désormais un montant très supérieur aux moyennes fournies par l'Agence de l'Eau Seine Normandie, pour la zone « Grande couronne parisienne » (p. 23 de ce document). En effet, pour 2005 ce prix moyen était de 3.37 €/ m3 et était en baisse légère par rapport à 2002.


Il est ainsi patent que le prix de l'eau dans le cadre de la CAVS s'approche des plus hauts niveaux constatés dans cette zone de l'Ile de France, et croît à un rythme nettement supérieur de celui de cette zone.


Dans ces conditions, deux conclusions'imposent :


1°) La communauté d'agglomération ne peut plus aujourd'hui faire l'impasse d'un débat sur le prix de l'eau, qui permette à la fois de justifier son montant actuel, mais aussi de réfléchir sur les moyens de le contenir.


2°) Nos candidats, de Montgeron, de Vigneux et de Draveil doivent clairement prendre position dans les cadre de la campagne, sur leur appréciation de la situation actuelle et sur les engagements qu'ils prennent pour le futur.